Ouh là la ! J'ai pas vu passer janvier.
La nième réorganisation de la ZOB se poursuit : objectif comme toujours : accroitre le nombre de bénéficiaires tout en sécurisant les remboursements.
Pour cela nous relançons le réseau ZODEV sur des bases nouvelles : des contrats de partenariat avec les communes rurales. Elles nous aident à choisir et suivre les paysans bénéficiaires d'animaux en échange d'une collaboration à leur développement.
Mise en place de bureaux dans les locaux de la mairie avec permanence hebdomadaire, programme de formation, identification des besoins et montage de dossiers sont au programme.
On verra bien ce que cela donne. On va bien arriver à trouver une solution pour bien gérer cet argent que des centaines de gens nous envoient pour soutenir des familles. Et des milliers qui aimeraient sûrement s'ils connaissaient nos activités.
A ce propos, le reportage sur France 2
avait l'air bien. Je n'ai pas pu le voir, mais les échos sont
bons. Si quelqu'un peut nous l'envoyer en numérique, il est le bienvenue.
Fin février, un autre reportage est prévu dans Faut pas Rêver
sur France 3.
L'ouverture d'une antenne de la ZOB à Port Bergé dans le nord avance bien. On peaufine les contrats et le manuel de procédure. Cela devrait nous permettre d'aider une centaine de familles là-bas en 2006.
Evidemment l'ouverture de la boutique Label Z, la copine du ZOB, en centre ville d'Antsirabe a fait des jaloux : j'ai reçu la visite de la Brigade de contrôle du Ministère du Commerce. Et comme bien évidemment la paperasserie, c'est pas mon truc, j'ai pas trop le temps, Janvier a été en grande partie passé à remplir des formulaires et rattraper les paiements en retard de toutes sortes.
A part cela, le concept de boutique où on trouve une sélection de bons produits plait. L'exigence de qualité m'oblige à apprendre plein de choses sur la charcuterie, la crèmerie, sur la conservation, les problèmes de froid, d'hygiène... Et à essayer de le faire rentrer dans la tête des gens qui travaillent avec moi. Mais aussi des producteurs. Car l'idée est tout de même d'offrir un débouché à une sélection de petits producteurs artisanaux.
C'est dans la logique du gruyère de Tsarahonenana ou du miel d'Ambositra.
On étudie avec mon ami Raymond Bouther de CODEV la possibilité de commercialiser des langoustes venant de Vaingaindrano sur la côte Est, un endroit où sévit la famine et où Raymond veut implanter un Centre de Développement Rural comme à Tsarahonenana.
Aider la population à trouver des débouchés rémunérateurs sur des bases de commerce équitable reste, à mon avis, un des meilleurs types d'intervention concrète où tout le monde s'y retrouve, en couvrant au minimum les frais. Cela oblige à faire de la formation, à monter des transferts de technologie...
A propos de technologie, 2006, je l'espère, devrait voir avancer l'électrification de Tsarahonenana.
L'ONUDI devrait venir et Electriciens Sans Frontières a donné son accord de principe. A nous de chiffrer nos besoins. On parle de photovoltaique et d'hydraulique. Ouille c'est du projet lourd çà. Mais bon.
Les arrivages de lait augmentent à la fromagerie. On a déjà doublé la production. D'autres communes alentours nous proposent leur lait. Cela permettrait de doubler encore la production. Mais nous avons un problème de trésorerie. Car entre l'achat du lait et la vente du fromage se passent au minimum 2 ou 3 mois.
Un 2ème site de production a été démarré pour fabriquer le Filou, une tentative de Buyssonnais franc-comtois qui plait beaucoup ici. L'installation se trouve sur une vaste ferme d'un ami qui produit 200 litres de lait par jour. On envisage même d'y produire du gruyère tant la demande est forte.
Et puis il y a notre ferme pilote là-haut. Vous pouvez pas savoir comme cela fait plaisir de voir notre 1ère vache formatrice en train de brouter de l'herbe fraiche dans la ferme. Cà, c'est concret !
J'ai mis sa photo sur le site de la ZOB, sur la page de la ferme pilote.
Un petit coucou à Baptiste Forquy, stagiaire sans qui cette ferme n'aurait sûrement pas vu le jour aussi vite, et qui passe son examen ces jours ci. Un grand merci encore.
Nous allons bientôt pouvoir commencer les formations. 3 autres vaches sont arrivées en même temps qu'elle et ont été placées chez des femmes de la coopératives Fitavama.
Je négocie la montée d'une dizaine de vaches supplémentaires. Les achats de lait sont garantis par la fromagerie... Donc le remboursement des vaches à la ZOB aussi. Au fur et à mesure des règlements, nous allons pouvoir financer d'autres vaches. Si çà cela ne s'appelle pas du développement durable !
En parlant de cela, nous étudions avec l'ONG Haingonala d'Ambositra, avec qui nous travaillons sur le miel, la mise en place d'un programme de reboisement un peu au sud d'Antsirabe avec des orangers et des espèces plus lentes à produire. Ce programme serait couplé, d'une part avec de l'apiculture, de l'autre avec des troupeaux de moutons, notamment pour régler les financements de mouton que nous avons reçu à la ZOB, tout en créant des revenus aux éleveurs par la vente des bêtes car il y a de la demande. Le tout couplé à un projet écotouristique de trekking avec bivouacs en bergerie et méchoui. Avis aux partenaires dont nous avons besoin.
Et puis il y a cette idée de marquage des animaux de la ZOB par des puces de repérage par satellite. Pour que les zébuphiles puissent suivre le déplacement de leurs animaux en temps réel ! Mais aussi pourquoi pas, appliqué à l'ensemble du cheptel de Madagascar, pour permettre de retrouver les zébus volés par les dahalos, énorme frein au développement en rural, vu l'importance du zébu dans la culture et la pratique agricole des paysans. Merci à mon ami Isaac pour cette idée d'appliquer ce marquage pour lutter contre ce fléau dans la Grande Ile.
Si quelqu'un peut nous aider sur le plan technique, on nage un peu.
Aprsè les inondations en décembre, nous avons eu 3 semaines sans pluie lourdes de conséquences pour les cultures. Heureusement, une forte dépression vient nous arroser en ce moment.
On attend des cyclones pour cette année.
Paul Sigogneau